Comprendre les compulsions
Ce que le corps tente, souvent, de réguler — sans vous le dire.
Ce que le corps tente, souvent, de réguler — sans vous le dire.
Le geste arrive avant la pensée. Ouvrir le placard, attraper le téléphone, remplir le verre, faire défiler l'écran. Une demi-heure plus tard, ce n'est pas la satisfaction qu'on ressent, mais un mélange de gêne et de fatigue.
On appelle ça une compulsion. Le mot fait peur. Pourtant, derrière ce mot, il y a presque toujours une tentative de régulation.
Quand une tension monte — stress, ennui, tristesse, surcharge — le cerveau cherche, très vite, ce qui peut faire redescendre l'état intérieur. La dopamine, ce messager du « voilà, c'est mieux », s'active brièvement avec certains comportements : sucré, écran, alcool, achat, contrôle.
Ce n'est pas la chose qui est recherchée. C'est le relâchement qu'elle promet, l'espace d'une seconde.
Le soulagement étant bref, la tension revient — souvent un peu plus forte, accompagnée de honte. Et la honte, elle-même, devient une nouvelle tension à apaiser. La boucle se referme, sans intention mauvaise, sans faiblesse réelle.
Décider d'arrêter ne suffit pas, parce que le mécanisme ne se joue pas dans la décision. Il se joue plus bas, dans un système nerveux qui n'a pas encore d'autre manière connue de se réguler. Tant que cette autre manière n'existe pas, le comportement reste la solution la plus rapide dont le corps dispose.
Le travail consiste rarement à lutter contre le geste. Il consiste plutôt à écouter ce qu'il cherchait à calmer : une fatigue, une solitude, une charge, une émotion ancienne. Quand la tension de fond commence à être entendue, le comportement perd, petit à petit, sa fonction.
Ce n'est pas un combat. C'est un travail d'écoute.
Jeanne Gree — Thérapies brèves & accompagnement thérapeutique
Le comportement n'est pas le problème. C'est la réponse à un problème que personne n'a encore écouté.